Association Loi 1901
6, Rue du Bourg, 26220 Dieulefit
La Drôme, France

JNANA YOGA


Le Jnâna Yoga : le Yoga de la Connaissance. Il ne s'agit pas du Yoga du Savoir. On peut savoir que la Terre est ronde, qu'elle tourne autour du Soleil, que l'eau est formée d'une association d'oxygène et d'hydrogène, que Pékin est la capitale de la Chine, que deux plus deux font quatre, etc. Cela, c'est la science.
En apprenant beaucoup de choses, c'est-à-dire en accumulant beaucoup de choses, car ad-prendre signifie : prendre avec soi, nous devenons savants. En accumulant les notions, nous devenons érudits. Nous développons la Science et la Technologie. Apprendre, c'est avoir prise sur des choses extérieures à nous-mêmes, sur des objets, c'est accumuler des formules, des systèmes, des idées, etc.
Toute autre est la découverte. Découvrir signifie : ôter un voile. Dans le Jnâna Yoga, il s'agit d'abord d'ôter le voile qui est sur nos propres yeux, et qui nous empêche de voir les choses dans leur merveilleuse créativité. Ensuite, de découvrir la signification des choses, car chaque chose est le signe extérieur d'une réalité intérieure. Découvrir n'est pas accumuler, mais au contraire simplifier. 
Par l'apprentissage, nous devenons riches, par la découverte, nous devenons sobres.
La découverte va donc en direction opposée de l'apprentissage. Car si l'apprentissage nous porte de plus en plus vers l'extérieur, vers la circonférence, et nous éloigne de plus en plus de la source de la vie, la découverte nous fait entrer à l'intérieur de nous-mêmes, et nous rapproche de plus en plus du Centre, de l'Un. L'apprentissage est le sujet qui se disperse dans la multiplicité et finit par s'identifier avec elle, tandis que la découverte est le sujet qui revient à son Centre et qui découvre sa véritable identité. L'apprentissage est un mouvement centrifuge, tandis que la découverte est un mouvement centripète. Ces deux mouvements contraires fondent la science du MANDALA.
Toutefois il ne convient pas de séparer ou d'opposer radicalement ces deux mouvements, qui demeurent strictement complémentaires, car pour découvrir, il faut d'abord apprendre. Simplement : il faut être très conscient du fait que le BUT de l'apprentissage est la DECOUVERTE. Que si l'apprentissage ne mène pas à ce BUT, il mène alors à la mort de l'âme, au NEANT.
Pour illustrer cette vérité, je prendrai un exemple dans l'Art. Mozart fut l'un des génies les plus précoces de la musique. A l'âge de quatre ans, on le mit devant un piano pour APPRENDRE les gammes. Cet apprentissage le mena immédiatement à une DECOUVERTE : il composa aussitôt son premier morceau : la fameuse Sonate en Do Majeur que la plupart des apprentis-pianistes jouent encore aujourd'hui. A l'opposé, il existe malheureusement aussi des musiciens chez qui la technique a tué l'inventivité : ils sont devenus de simples robots.
En sanskrit, il existe deux mots bien distincts pour désigner nos facultés de connaissance :
1) MANAS, mot qui désigne nos facultés psycho-mentales. Le sanskrit "manas", le latin "mens" et le français "le mental" ont même racine. Ces mots impliquent : l'apprentissage, la raison, l'intellect, le savoir et la science. Notre civilisation moderne est entièrement fondée sur cette forme de connaissance.
2) BUDHI, mot qui signifie : "Eveil". C'est la connaissance-Jnâna, la connaissance sensible et directe, non-analytique, qui concerne à la fois l'objet et le sujet et la relation entre les deux. Elle résulte d'une vision totale, d'une "saisie" totale de l'objet par le sujet.
Etymologiquement, le mot "connaître" signifie : "naître avec" (du haut latin : cum-nascor ou cognascor qui, en bas latin, a donné cognosco. En sanskrit, "jânati" signifie à     XXXXX
3) La méditation qui peut se traduire par : le silence mental. Ce silence est indispensable pour nous rendre présents au Présent, pour trouver notre Centre, pour trouver l'Etre, pour trouver la source de créativité qui est notre trésor intérieur.
Cette dernière technique est naturellement une des techniques de base du Jnâna Yoga. Mais elle l'est également du Bhakti Yoga et du Karma Yoga.
La question qui se pose est : existe-t-il en dehors de ces trois grandes techniques qui appartiennent à toutes les formes du Yoga, une méthode spécifique qui n'appartient qu'au seul Jnâna Yoga ? Oui : c'est la méditation sur des slokas, sur des koans, sur des textes révélés, sur des symboles, sur des paraboles et sur des allégories. Nous avons dit qu'une des façons de passer de l'univers extérieur et objectif à l'univers intérieur et subjectif - ce qui constitue le but du Jnâna Yoga - est de voir dans tout objet le SIGNE d'une réalité intérieure.
Depuis des temps immémoriaux, les hommes se sont aperçus que les vérités qui relèvent de l'Etre ne pouvaient être exprimées en paroles. Les mots ne sont propres qu'a désigner l'apparence et la forme extérieure des choses. Les mots appartiennent à la science et au savoir. Seul le silence convient véritablement à la sagesse. Le silence, ou la métaphore. Le poète - qui est un artiste - peut exprimer, par des mots, ce qui se situe au delà des mots. Le musicien ou le chanteur peuvent exprimer par des sons ce qui se situe au delà des sons. Le peintre peut exprimer, par des formes et des couleurs, ce qui se situe au delà des apparences.
De même la parabole et l'allégorie peuvent nous faire entrer dans la signification interne des évènements de notre vie, et nous faire comprendre le sens de notre existence terrestre. Si nous savons les interpréter au moyen de la méditation, et non d'explications rationnelles et discursives, nous entrons alors dans la signification profonde de toutes choses. Nous pouvons supporter toutes les épreuves - y compris celles de la maladie, de la mort et de la séparation, parce qu'à présent celles-ci ont pris pour nous un sens, une signification et une finalité. Cette compréhension des évènements de la vie nous mènera à une totale modification de nos réactions et de notre comportement : nous aurons alors atteint le détachement et la sagesse, le jnâna.
Le monde occidental a complètement délaissé cette forme d'étude, cette forme de science. D'abord parce que la spiritualité occidentale n'a jamais véritablement connu de sages, mais seulement des saints. Bien sûr, il y a eu un Maître Eckhardt et quelques autres. Mais qui se soucie encore aujourd'hui de les lire, et surtout de suivre leur enseignement ?
Et puis l'Occident moderne s'est laissé complètement dominer par les sciences analytiques et objectives, et la technologie qui en découle. Celles-ci ont réalisé les prodiges que nous connaissons tous, dont nous profitons et que nous pouvons admirer.
J'essaierai de rendre compte, dans un prochain article, de l'apport et des faiblesses de notre époque, considérée sous l'angle de l'évolution de la conscience. Dans un certain sens, plus loin va le savoir scientifique et objectif, plus extraordinaire et plus profond pourra être aussi le retour à la vie intérieure et subjective. Mais il arrive un moment où ce retour doit être impérieusement amorcé, faute de quoi l'homme risque de se perdre dans le néant de la matière, et dans la non-signification d'une vie tournée uniquement vers le dehors.
La triade qui règne aujourd'hui et qui a nom : SAVOIR - PRESTIGE - PLAISIR, devra céder la place à des valeurs plus authentiques, qui ont nom : ETRE - CONSCIENCE - JOIE = SAT - CHAT - ANANDA.
XXXXX             la fois "naître" et connaître"). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre le Jnâna Yoga. Il s'agit de "renaître" avec l'objet, de saisir sa substance par une forme de communion. Ceci peut paraître abstrait, mais je vais donner un exemple très simple, pris encore dans le domaine de l'Art : le peintre "saisit", par communion intime, l'objet qu'il va essayer de reproduire sur une toile. La connaissance "jnâna" est de cet ordre.
L'ARTISTE, qu'il soit peintre, musicien ou poète, est un Jnâna yogi, à cette réserve près, que sa connaissance sensible et intuitive des choses n'est pas le résultat d'une discipline de vie intérieure - du moins en Occident. Car en Extrême-Orient - qu'il s'agisse de l'Inde ou du Japon - la plupart des activités d'expression créatrice, comme la peinture, le théâtre, les chants et la danse, sont précédés de séances de méditation. Soulignons encore, car la différence est énorme - il s'agit en fait de deux conceptions qui fondent deux mondes différents - qu'en Occident, l'Art est pour le plaisir, tandis qu'en Extrême-Orient, l'Art est pour la joie en Dieu.
La pianiste contemporaine Hélène Grimaud a dit dans une interview :  "quand je joue Chopin, Chopin renaît en moi et je renais en lui." Avez-vous songé à ceci : que les grands compositeurs dont l'Occident s'honore, seraient oubliés et complètement morts depuis longtemps s'il n'y avait pas des interprètes pour les ressusciter ? Et pour les faire revivre ?
Ce qu'a dit Hélène Grimaud devrait être vrai pour tout interprète sérieux et authentique. Tous devraient s'efforcer de faire revivre les compositeurs, au mieux de leur sensibilité propre. Car, bien que jouant le même compositeur et le même morceau, chaque interprétation reste unique.
Bien, bien des choses sont impliquées dans ce que je viens d'écrire. Dans la spiritualité hindoue, on dit "So ham" et "Tat twam asi". On pourrait traduire, en se référant à ce qui précède : "Je suis Cela, cette composition, cette musique, ce compositeur. Je renais avec son âme, avec ce qu'il avait de meilleur en lui, avec la parcelle divine. Et toi, l'auditeur qui es ému au plus profond de toi-même par mon interprétation, tu es aussi lui, tu es aussi moi." Ainsi, tous sont unifiés par l'Essentiel, par l'Atma, par l'Etre.  
La philosophie hindoue enseigne que l'univers extérieur et objectif n'est séparé du sujet qu'en apparence. Pour comprendre cela, imaginez que votre bras soit pour une très longue période insensibilisé et paralysé : vous finirez par le considérer comme un objet extérieur à vous-même. Ou encore : votre dentiste vient d'extraire une de vos dents, vous conservez celle-ci dans une petite boite. Cette dent est devenue un objet extérieur à votre personne, alors que l'instant d'avant, elle faisait partie de votre corps, et que vous en avez ressenti la douleur.
De la même façon, l'univers extérieur nous SEMBLE séparé de nous. Car nous ne pouvons ressentir ce que ressent un arbre. Nous ne pouvons ressentir ce que ressent notre chien. Nous ne pouvons ressentir ce que ressent notre proche. Du moins, sur le plan physique des perceptions et des sensations. Par contre, nous pouvons compatir à la douleur d'autrui, ou éprouver de la joie ou même de l'extase en sa présence. Sur le plan de la vie psychique ou mentale, nous pouvons éprouver les mêmes peines ou les mêmes joies qu'éprouve notre ami, ou, mieux encore : notre enfant. Cependant, et bien que nous en ayons le désir, la communion sur ce plan n'est jamais totale.
Par contre, la communion peut être totale sur le plan spirituel. Prenons de nouveau l'exemple de l'ARTISTE. Imaginons un musicien inspiré qui improvise devant nous : nous sommes transportés par son jeu. Nous communions alors totalement à son extase. En cet instant - toujours très rare et parfois très court - JE SUIS LUI ET IL EST MOI. Nous sommes portés par un même souffle qui nous unit.
Cette même communion et cette même extase sont possibles en considérant simplement un paysage. La nuit, nous regardons les étoiles, nous sommes en extase, nous communions avec l'univers. Le jour, nous regardons l'immense océan, ou un fleuve, ou une montagne éclairée par le soleil : nous sommes joyeux et nous sentons un chant s'élever dans notre coeur. En Inde, on dit : "So ham, tat twam asi" : "Je suis tout Cela, tout Cela est moi" et : "Tu l'es aussi".
Connaissez-vous cette très belle histoire du yogi qui vient frapper à la porte du Ciel. Une voix lui demande : "Qui es-tu ?" Le yogi répond : "Je suis un Brahmane, un de tes élus, et je t'ai toujours servi fidèlement." La voix dit : "Je ne te connais pas." Le yogi repart, comprenant qu'il n'est pas suffisamment mûr pour entrer dans le Ciel. Quelques années plus tard, il frappe de nouveau à la porte. La voix lui pose la même question, et le yogi répond : "Je suis un pauvre pèlerin, et j'ai soif d'entrer dans ta demeure." Mais la voix dit de nouveau : "Je ne te connais pas." Le yogi s'en va, et revient quelques années plus tard. La voix dit : "Qui es-tu ?", et le yogi répond : "JE SUIS TOI!" 
"Maintenant, dit la voix, tu peux entrer et demeurer éternellement avec moi."
C'est cette forme de communion et cette forme de connaissance que poursuit le Jnâna Yoga. Il s'agit de nous désidentifier progressivement d'avec l'ego, qui est multiple, la circonférence, et de nous identifier progressivement avec le Soi, qui est l'Un, le Centre. Ou pour utiliser une autre formule : de supprimer nos fausses identifications, en trouvant notre véritable identité.
Résumons tout ce qui vient d'être dit :
L'apprentissage mène au savoir, le savoir fait le savant, le savant développe la science. Tandis que la découverte mène à la connaissance, la connaissance fait le sage, la sagesse développe le Jnâna.
Techniques du Jnâna Yoga
Disons tout de suite que le "Jnâna Yoga" est le Yoga au plus haut niveau. Toutes les autres philosophies et disciplines de l'Extrême-Orient en sont issues. En Inde, toutes les autres formes du Yoga sont issues du Jnâna Yoga. Citons : le Hatha Yoga, le Bhakti Yoga, le Karma Yoga, le Laya Yoga, le Mandala Yoga, etc. En Chine : le "Tai CM Chuan", le "T'Chan", le "CM Gong",... Au Japon : le Zen, tous les arts martiaux, l'art du tir à l'arc, du jardinage, la cérémonie du thé, etc. Toutes ces disciplines ont leur racine dans ce nouvel art de vivre qu'apporte la sagesse universelle du Jnâna. C'est pourquoi aussi toutes ont certaines techniques fondamentales en commun. 
1) La respiration :
Respirer, c'est vivre, c'est communier avec tout l'univers et tous les vivants. "Et Dieu souffla dans les narines de l'homme un souffle de vie, alors l'homme devint une âme vivante." Le sanskrit "atma" peut être traduit en français par "âme", mais il faut bien spécifier qu'il ne s'agit pas de la "psyché" des psychothérapeutes modernes, mais de la substance même de vie, du "Soi cosmique". En allemand, respirer se dit : "atmen", mot qui vient, de toute évidence, de "atma".
Tout exercice respiratoire doit tenir compte du fait qu'on touche à l'âme humaine.
2) Le Lâcher-prise qui peut être dynamique ou statique.
Swâmi Prajnanpad, qui fut le maître d'Arnaud Desjardins, a dit (je cite librement) : "Savez-vous, Arnaud, ce qui mène de l'ego au Soi ? C'est un lâcher-prise total, sur les différents plans physique, psychique et mental. Mais c'est un lâcher-prise de tous les instants, ce doit être un lâcher-prise continu."
Slokas
Les "Slokas" - qui correspondent aux "Koans" de la discipline du Zen au Japon - sont en Inde et dans le Yoga des vérités aux implications infinies, condensées dans un court texte ou dans une courte phrase. Si l'on aborde ces Slokas avec la raison analytique, discursive et intellectuelle propre aux sciences modernes, ils restent hermétiquement fermés à celui qui les lit. Mais si on les aborde avec l'esprit silencieux de la méditation, et le contexte de nos propres épreuves et expériences de la vie, ils s'ouvrent à nous, et nous offrent leur richesse inépuisable.
En passant, répétons ici ce que nous avons déjà dit à maintes reprises : le Yoga n'est pas une religion ni une croyance, et entend ne pas empiéter sur ces domaines. Mais le Yoga propose une EXPERIENCE DE VIE INTERIEURE. Or la plupart des textes révélés et des témoignages des grands initiés spirituels de l'Histoire SONT DES SLOKAS. C'est pourquoi le Jnâna Yoga étudie la Bhagavad Gîta, où l'enseignement de Krishna est exposé ; étudie les "Sutras du Diamant", où l'enseignement du Bouddha est révélé ; étudie les témoignages des apôtres, où l'enseignement du Christ est transmis ; étudie les grands textes soufis, qui sont les purs joyaux de la sagesse de l'Islam ; et bien d'autres textes encore, qui tous, répétons-le, SONT DES SLOKAS. Tous ces témoignages forment le legs commun de ceux qui ont suivi le Chemin, les pèlerins de l'Absolu.
Ceux qui connaissent le Sloka qui va suivre, n'auront aucune peine à reconnaître son auteur.
Les commentaires que je donne, et qui sont tirés de ma propre expérience de vie, n'ont pas pour but de convaincre le lecteur, mais bien de l'inciter, par la pratique de la méditation silencieuse, à trouver sa propre interprétation. Ou plus important encore : de l'inciter à trouver la signification profonde des évènements de sa propre vie.
"CELUI QUI CHERCHE NE DOIT PAS CESSER DE CHERCHER
JUSQU'A CE QU'IL TROUVE
ET QUAND IL TROUVERA
IL SERA STUPEFIE
ET ETANT STUPEFIE
IL SERA EMERVEILLE
ET REGNERA SUR LE TOUT"
Commentaire
Dans le Yoga, on appelle "unifié" l'homme qui n'a plus dans son existence qu'un seul but - but dans lequel tous les autres objectifs, comme par exemple aimer et éduquer ses enfants, être généreux envers ses amis, réaliser des projets, etc - se trouvent impliqués. Or ce but unique est d'atteindre son Centre, d'atteindre et de "réaliser" la source de toute créativité - le Soi. Dès lors, sa recherche sera constante, il ne cessera plus de chercher un seul instant. Toute son énergie, tout son amour, toute son intelligence convergeront vers ce but unique.
Celui qui entre ainsi dans la "quête", appelée "sadhana" en sanskrit, prend conscience, dès le début, que le Chemin sera long, infiniment long, et dépasse de loin la durée d'une seule existence terrestre. mais au fur et à mesure de son cheminement, après des années de patient travail sur lui-même à l'aide d'une discipline, il s'apercevra que ce qu'il cherchait au loin se trouve, en fait, au plus près : car c'est LUI-MEME qu'il cherche. Et ce LUI-MEME ne peut lui être révélé que dans l'instant PRESENT, dans l'ICI ET MAINTENANT. C'est pourquoi la discipline du Zen appelle ce Chemin : "La Voie-sans-Voie".
Car plutôt que d'un trajet à parcourir et d'un but à atteindre, il s'agit d'une longue maturation qui mène à un état intérieur, appelé "plénitude de conscience". Quand l'homme est mûr, quand il a été mûri par les épreuves et par la discipline, soudain le TRESOR INTERIEUR lui est REVELE. Alors seulement, il cessera de chercher, car il aura TROUVE.
Et il sera stupéfait de trouver si proche et si évident, ce qu'il avait cherché au loin. Il sera stupéfié aussi dans le sens littéral du mot : rendu immobile et muet, car nul mouvement et nulle parole ne peuvent témoigner de cette DECOUVERTE : elle est incommunicable. Et il portera son trésor dans le secret de son silence.
Alors il entrera dans un émerveillement. Et cet émerveillement sera continu. Tout l'univers lui apparaîtra comme un miracle éternellement renouvelé. Il verra toutes choses comme un PEINTRE les voit. Et il entendra toutes choses comme un MUSICIEN les entend. Il vivra dans une créativité permanente.
Et, bien qu'il n'acquière AUCUN POUVOIR autre que celui de l'Amour, il a néanmoins le sentiment d'être devenu un Prince, d'avoir atteint un Absolu, et de REGNER SUR LE TOUT (1).
(1) Mes mots : "TOUT" - "TAO" - "THEOS" sont phonétiquement très proches.
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Nils Daum
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