Association Loi 1901
6, Rue du Bourg, 26220 Dieulefit
La Drôme, France

Conférences
La Mort dans la Sagesse Traditionnelle


- La Mort est un renouvellement total, un sommeil d'où tout souvenir est effacé, le retour à une virginité absolue, d'où émergera une merveilleuse vie nouvelle.

- La Mort est notre Maître suprême, celui qui nous apprend et nous rappelle constamment :

LE DETACHEMENT
Mort et Vie sont étroitement imbriquées : nous mourons à chaque instant et réscussitons le moment d'après. Quand la Vie te la Mort sont unies en un mariage d'amour, la vie devient dense, étonnante, merveilleuse, suprêmement créatrice, dépasse toute souffrance et toute douleur. Elle plonge dans une félicité sans bornes.

- Mourir ne va certes pas sans un sentiment de crainte, un sentiment de vertige et de peur, même pour le Sage. Ce sentiment ne peut être vaincu que par un abandon total, un lâcher-prise de tous les instants.

- Au théâtre, quand le rideau tombe, les acteurs disparaissent, mais non le Jeu, qui est éternel. Et l'acteur sait qu'il reprendra son rôle le lendemain soir. Celui qui prend la vie comme un Jeu, à la fois fugitif et éternel, n'aura plus peur du rideau qui tombe.

- Le bon acteur est totalement détaché du rôle qu'il joue. Il est constamment conscient que ce n'est qu'un Jeu. Il tire sa joie non du rôle qu'il interprète ni de sa durée, mais de la perfection de son Jeu.

Voilà une grande leçon de vie.
- Chaque nuit nous mourons dans le sommeil profond, et chaque matin, nous réscussitons. Tout le monde donc connaît la mort, et chacun peut en témoigner.

- Quand un vêtement est usé, on le jette , et l'on en prend un nouveau. Notre corps n'est-il pas ce vêtement ?

- L'Amour seul peut nous faire dire : " Je suis toi, et tu es moi, et tous deux nous sommes Cela qui est éternel." C'est pourquoi l'amour vainc la mort.

- On peut pénétrer dans le Mystère, en connaître la beauté, la saveur, l'extase. Mais on ne peut le montrer à personne, car il est l'invisible, et on ne peut le définir, car il est infini.

Et pourtant il y a des peintres qui le voient, et des musiciens qui le perçoivent. Voilà précisément le Mystère !

- Le testament spirituel est la chose importante. Dans tout l'amas des erreurs et des errements d'une vie humaine, une petite vérité. Cette petite vérité sera une lumière qui grandira.

- Tu dis : " La Mort est un Inconnu, c'est pourquoi j'en ai peur". Et la Vie ? Connais-tu la vie ? As-tu le front de dire que tu connais la vie ? La Vie t'est aussi inconnue que la Mort. Et pourtant, tu n'en as pas peur.

- L'homme qui croit qu'avec la fin de cette existence terrestre, tout est fini, ne s'est jamais regardé sérieusement dans n miroir. IL n'a jamais vu que son visage n'était qu'un reflet et que son corps n'était qu'un ombre. C'est pourquoi il s'est pris pour son corps.

- " Qui s ' identifie à son corps, va là où vont les corps : sous terre", disait mon guide spirituel, Lanza del Vasto.

Mais celui qui se dégage de son corps, qui voit son corps comme celui de quelqu'un d'autre, comme celui du voisin, d'un é-tranger, celui-là va où va la vie qui anime ce corps : vers une existence autre, plus libre, plus exaltante, plus merveilleuse.

- Au moment de mourir, il cria : "Eurêka!"

Puissent tous les hommes faire de même. Ne devons-nous pas toujours

découvrir avec émerveillement, juqu'à la fin ?

- Parmi les obstinations ridicules, celle-ci :

L'idée qu'il existe une matière morte et inerte. La Science nucléaire d'a-t-elle pas prouvé de façon irréfutable que la matière est suprêmement dynamique et vivante ? Comment peut-on donc continuer de parler de matière morte et inerte ? 
Et comment la vie pourrait-elle naître de quelque chose de mort ?

- Si la matière est vivante et contient virtuellement toute vie, l'évolution apparaît aussitôt comme un Chemin qui mène de la Non-Conscience à la Tout-Conscience.

Voilà toute indiquée la Voie de vie intérieure ! Cheminer de la Non-Conscience à la Toute-Conscience, ce que l'inde appelle :

" SAT-CHIT - ANANDA "

Comme il est stupide de ne pas s'en apercevoir !

-Qui est identifié à son corps vit dans un mensonge perpétuel, dans un rêve, dont seule la mort peut l'éveiller.

Celui qui est identifié au grand Soi universel, voit la mort comme un rêve dont la plénitude de Vie l'a éveillé.

-Au moment de mourir, il chantait la chanson de sa jeunesse. Puissant tous les hommes faire de même. Quand nous chantons la chanson que nous aimons, ne sommes-nous pas vengés du temps qui détruit le temple de notre corps ?


Nils Daum
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